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Histoire
La date exacte de la première présence humaine en Australie est toujours le sujet de grandes recherches. Il y a de fortes preuves scientifiques de présence humaine il y a environ 50 000 ans. C’est une période d’énormes bouleversements écologiques en Australie et elle est considérée comme la conséquence de la colonisation humaine. Cependant, certaines spéculations sont faites quant à des origines plus lointaines des premières populations australiennes, jusqu’à il y a 100 000 ans. Ces premiers Australiens sont les ancêtres lointains des Aborigènes d'Australie d’aujourd’hui. Ils seraient arrivés via des ponts terrestres apparus avec la glaciation de Würm et la traversée de mers assez grandes en Asie du Sud-Est. À partir de l'ADN mitochondrial, une reconstitution des grandes migrations humaines de la préhistoire date l'arrivée d'Homo sapiens en Australie à 70 000 ans avant le présent. Il existe de nombreuses espèces de plantes et animaux communs entre l’Australie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et quelques îles indonésiennes, ce qui fait penser qu’il devait exister des ponts terrestres entre ces pays. Ils se seraient fermés lorsque les mers sont montées.
Il s’est plus tard développé des échanges traditionnels entre les peuples de l’Australie et les îles plus au nord à l’aide d’embarcations utilisées pour la pêche et le commerce. Cela fait penser que des commerçants arabes et chinois apprirent l’existence, puis visitèrent les côtes de l’île d’Australie dès le IXe siècle. Des cartes dessinées en Europe à la fin du XVe siècle indiquent des parties de la côte nord de l’Australie. Les Makassar du sud de Célèbes en Indonésie, grand peuple de marins, venaient sur les côtes nord de l'Australie, qu'ils appelaient Marage, pêcher l'holothurie.
Le premier Européen à visiter l'Australie serait l’explorateur portugais Cristóvão de Mendonça en 1522. Le premier chercheur à émettre l’hypothèse de la découverte de l’Australie par les marins portugais fut Alexander Dalrymple en 1786, dans une courte note à ses mémoires qui concerne les îles Chagos il décrit ses observations de la "carte Dauphin" qu'il a en sa possession et qui représente la Grande Jave à l'Est des îles Chagos. Dalrymple est suffisamment intrigué pour publier 200 exemplaires de la carte Dauphin. Il est un des premiers à avancer la Théorie de la découverte de l'Australie par les Portugais.
Cristóvão de Mendonça, a-t-il utilisé, en 1522, une des planisphères du cartographe allemand Johann Schöner ? En effet, le cartographe allemand Johann Schöner, réalisea en 1515, un globe terrestre représentant dans l'hémisphère austral, une terre aux dimensions imposantes et reprenant les contours de l'Australie. Il reprend ce travail qu'il approfondit dans une nouvelle mappemonde en 1520. Cette Terra Australis est située de part et d'autre du détroit de Magellan. Cet emplacement géographique correspondrait plus à celui du continent Antarctique, mais les contours rappellent ceux du continent australien, tout comme la végétation (arbres) dessinée sur cette terre. Reste à comprendre comment Johann Schöner et les autres géographes européens de ce début du XVIesiècle ont-ils connaissance de l'existence de cette Terra australis ? Selon les hypothèses de Gavin Menzies, une flotte chinoise importante, commandée par Zheng He, aurait abordée les côtes australiennes au début du XVesiècle. Cette hypothèse de la circumnavigation chinoise serait à la base des connaissances géographiques transmises par les Chinois eux-mêmes. La circumnavigation planétaire était émise par les Chinois dès le XIIIesiècle et connue des voyageurs et commerçants arabes et européens, tel que Marco Polo ou Jean de Mandeville.
Les cartes marines et portulans du XVIesiècle de l'Ecole de cartographie de Dieppe représentent l'Australie sous le nom de La Grande Jave. Les navigateurs portugais collaboraient avec les cartographes de la célèbre École de Dieppe. Nicolas Vallard, Jean Rotz, Pierre Desceliers, Nicolas Desliens et d'autres cartographes français représentèrent ainsi les contours exacts de l'Australie dès le milieu du XVIesiècle.
En 1570, Abraham Ortelius réalise une mappemonde montrant les contours du septentrionaux de l'Australie sous le nom de "Terra Australis".
A cette époque l'hypothèse d'un continent austral unique reliant l'Australie et l'Antarctique était de mise.
Cependant, ce n’est qu’au XVIIe siècle que l’île devient le sujet d’explorations européennes. Quelques expéditions aperçoivent la fameuse Terra Australis : le Hollandais Willem Jansz en 1606, le Portugais Luis Váez de Torres en service pour l’Espagne en 1607 et les Hollandais Dirk Hartog en 1616, Jan Carstensz en 1623 et Abel Tasman en 1642. Ce dernier a donné son nom à l’île de Tasmanie mais lui-même l’avait nommée d’après le nom de l'amiral et gouverneur Anthony van Diemen : « van Diemenslandt ».
En 1644, le cartographe français Melchisédech Thévenot réalisa une carte représentant avec détails la côte occidentale de l'Australie qu'il nomma "Nova Hollandia".
En 1688, le cartographe italien Vincenzo Coronelli réalisa deux globes terrestres monumentaux, dont l'un représentant avec exactitude l'Australie, sous le nom de "Nouvelle Hollande".
Les premiers explorateurs britanniques sont William Dampier (pour l'Angleterre) sur la côte ouest en 1688 et le lieutenant James Cook qui, en 1770 (soit 250 ans après le navigateur portugais Cristóvão de Mendonça), prend possession aux deux tiers de l’île pour le Royaume de Grande-Bretagne, malgré les ordres du roi George III stipulant qu’il devait d’abord conclure un traité avec la population indigène. Son rapport à Londres déclarant que l’Australie est inoccupée (voir Terra nullius) permet l’établissement d’une colonie pénitentiaire, ce qui est bien pratique après la perte des colonies américaines pour la Grande-Bretagne.
La colonie royale britannique de Nouvelle-Galles du Sud commence par la fondation d’un camp (qui plus tard deviendra Sydney) dans Port Jackson par le capitaine Arthur Phillip le 26 janvier 1788. L’arrivée de cette First Fleet (première flotte) deviendra plus tard la date de la fête nationale australienne (Australia Day).
La Grande-Bretagne est devenue le Royaume-Uni en 1801 après l'unification avec l'Irlande. Des Britanniques du nouveau pays s’établissent sur la terre Van Diemen (aujourd’hui la Tasmanie) en 1803 et elle devient une colonie séparée en 1826. Le reste de l’île (aujourd’hui l’Australie-Occidentale) est déclarée britannique en 1829. Au fur et à mesure de l’extension des établissements britanniques, la Nouvelle-Galles du Sud est divisée en plusieurs colonies séparées : l'Australie-Méridionale en 1836, le Victoria en 1851 et le Queensland en 1859. Le Territoire du Nord est fondé, comme faisant partie de l’Australie-Méridionale, en 1863. Il s'en séparera en 1911. L'Australie-Méridionale, l'Australie-Occidentale et Le Victoria furent crées comme des colonies libres (« free colonies ») c'est-à-dire comme des colonies ne recevant pas de prisonniers britanniques mais assez rapidement les deux dernières en acceptèrent trouvant ainsi une main d'œuvre bon marché pour mettre le pays en valeur[10]. L'envoi de prisonniers en Nouvelle-Galles du Sud cessa en 1848 après de violentes manifestations de ses habitants.
La population aborigène, estimée à 350 000 personnes au moment de l'arrivée des premiers européens déclina rapidement dans les 150 ans qui suivirent cette arrivée essentiellement par l'introduction de nouvelles maladies infectieuses mais aussi par suite de leur déplacement de lieu de vie et par le changement de mode de vie. La séparation des enfants de leurs familles pour leur imposer un mode de vie européanisé est considérée par certains historiens et aborigènes comme un génocide car il a favorisé la diminution de la population aborigène. Ce point de vue n'est pas partagé par tous les commentateurs qui affirment que les faits ont été amplifiés et déformés pour des questions politiques et idéologiques. Ces évènements sont regroupés sous le nom d'Historic Wars en Australie. Après un référendum en 1967, le gouvernement fédéral eut le droit de faire voter et d'appliquer des lois plus favorables aux aborigènes. Le droit de propriété traditionnel ne fut pas reconnu jusqu'en 1992, date à laquelle la Haute Cour, dans l'affaire Mabo Queensland (No 2) annula la notion européenne de terra nullius (« terre à personne ») créée au moment de l'occupation européenne.
Au cours de la période allant de 1855 à 1890, les six colonies de la couronne deviennent chacune l’une après l’autre une colonie auto-gouvernée, gérant ses propres affaires. La loi britannique est adoptée dans chaque colonie, lorsque le Royaume-Uni autorise chacune à se doter d’un gouvernement responsable, et évolue avec le temps. Le gouvernement britannique garde le contrôle de certains domaines dont les affaires étrangères, la défense et le commerce international. Malgré son économie fortement rurale, la population australienne reste fortement urbaine, se concentrant surtout dans les villes de Melbourne et de Sydney. Dans les années 1880, Marvellous Melbourne est la seconde plus grande ville de l’Empire britannique. L’Australie gagne aussi la réputation d’être un paradis du travailleur et un laboratoire pour la réforme sociale. C’est en effet elle qui organise la première élection à bulletin secret et le premier gouvernement d'un parti travailliste y est élu.
Le 1er janvier 1901, la fédération des colonies est achevée, après 10 ans de gestation, et le Commonwealth d'Australie naît, en tant que dominion de l’Empire britannique. Entre 1901 et 1911, la capitale sera provisoirement située à Melbourne mais c'est sur un territoire cédé au gouvernement fédéral par la Nouvelle-Galles du Sud en 1911 que sera construite la nouvelle capitale fédérale, Canberra.
Bien que l’Australie soit devenue indépendante, le gouvernement britannique garde quelques pouvoirs sur le dominion jusqu’au Statut de Westminster de 1931, ratifié par le Parlement australien en 1942.
Lors de la Première Guerre mondiale, l'Australie qui comptait alors 5 millions d'habitants se joint dès le tout début aux Alliés ; 416 000 Australiens participeront à ce conflit où 60 000 d'entre eux mourront, soit, pour le front occidental, le taux le plus élevé des armées engagées. L'Australie est le seul pays qui s'interdit de fusiller pour l'exemple ses soldats.
L’autorité théorique du Parlement britannique sur les États n’est cependant pas complètement supprimée avant l’Australia Act de 1986. La Constitution originale ne donnait en fait au gouvernement fédéral que le pouvoir de voter des lois pour tous les habitants de l’Australie sauf les Aborigènes. En 1967, un référendum approuvé par plus de 90 % des électeurs donne au gouvernement fédéral le droit de voter des lois pour protéger les Aborigènes et de les compter dans les recensements.
L’Australie est une monarchie constitutionnelle dont Élisabeth II est la reine. En 1999, un référendum est tenu sur la question d’une modification constitutionnelle pour faire du pays une république afin que la reine du Royaume-Uni ne soit plus la chef d’État de l'Australie, afin d'affirmer la souveraineté et l'indépendance de l'Australie vis-à-vis de l'ancienne puissance coloniale. Cependant, le projet rencontre de nombreuses oppositions, venant en premier lieu bien évidemment des monarchistes, mais pas uniquement, puisqu'une partie des républicains appelle à voter contre le projet à cause du désaccord avec la méthode proposée pour la désignation du chef de l’État, qui aurait dû non pas être élu au suffrage universel, mais nommé par le Parlement à la majorité des deux tiers, ce système ayant pour avantage de placer le président au-dessus des querelles des partis mais pour inconvénient d'exclure le citoyen du choix de sa représentativité. Face à ces critiques et à la préoccupation de nombreux Australiens vis-à-vis des dangers que pourrait entraîner ce changement, une majorité d'Australiens — à hauteur de 55 % — s'est exprimée de manière négative à propos de ce projet, en dépit du fait que moins de 10 % de la population soutenait à cette date le maintien de la monarchie. Même si l’Australie conserve aujourd'hui son statut de monarchie constitutionnelle, le débat n’est toujours pas tranché et évoluera probablement dans les années à venir. La politique du gouvernement travailliste est de tenir un autre référendum à l'avenir, pour proposer l'établissement d'une république en Australie.



