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Histoire
La péninsule Anatolienne (ou Asie Mineure), qui représente aujourd'hui 95% de la Turquie moderne est parmi les régions du globe qui furent continuellement habités tout au long de l'histoire de l'humanité. Les premières implantations comme celles de Çatalhöyük, Çayönü, Nevali Cori, Hacilar, Göbekli Tepe et Mersin sont considérés être parmi les premières au mondes. A travers les ages, les anatoliens ont parlé des langues diverses et variés telles que les langues sémitiques, hittite, grecque, arabe, perse...
Le premier empire à émerger sur ces terres fut sans nul doute l'empire Hittite, du XVIIIe s av Jc au XIIIe s av JC. Par la suite un peuple indo-européen, les Phrygiens règnèrent sur ces terres jusqu'à leur anéantissement par les Cimmeriens au VIIe s av Jc. D'autres peuples indo-européens se succédèrent là : Les Lydiens et les Lyciens. Vers 1200 av JC, la cote ouest de l'Anatolie subit l'invasion des grecs Éoliens et Ioniens. Puis l'empire perse Achéménide, domina toute l'Asie mineure aux VIe et Ve s av JC. En 334 av JC, Alexandre le Grand, dans sa grande conquête, envahi l'Anatolie et la divise en royaumes grecques (la Bithynie, la Cappadoce, les royaumes de Pergame et du Pont). Ces derniers furent submergés par l'invasion romaine. En 324 av JC, l'empereur romain Constantin Ier choisit Byzance pour nouvelle capitale de l'empire romain. La Nouvelle Rome qui sera plus tard Constantinople, la capitale de l'empire romain d'orient à la chute de Rome. Puis à l'invasion par le sultan Mehmed II elle deviendra Istanbul.
Les turcs à l'origine peuple nomade originaire d'Asie, des plaines de Mongolie au plaines de l'Asie Centrale, ont connu un vaste et continu mouvement d'émigration vers l'ouest. Organisés en tribus et en fédérations de tribus non-exclusivement turques, ils ont constitué dans le temps des royaumes (par exemple le royaume des göktürk ou turques célestes )plus ou moins vastes et plus ou moins éphémères. La première fois que l'histoire retiens le nom des turcs au moyen orient c'est en tant que mercenaires des califes abassides qu'ils dirigeront de fait dès le Xe siècle. Les Seldjoukides, des turcs Oghouzes, fondèrent un empire qui s'étend de l'Anatolie jusqu'aux plaines d'Asie Centrale. Les invasions mongoles de Gengiz Khan finirent d'achever l'Empire Seldjoukide déjà mis à mal par ses luttes internes et les croisades.
En 1299, le sultan oghouze Osman Ier conquiert la ville byzantine de Mocadène. Cet événement est considéré comme le début de l'Empire ottoman. Dès lors l'empire ne va cesser d'accroître son territoire et atteint son apogée au XVIe siècle sous le règne de Soliman le Magnifique.
Les Balkans sont conquis dès la fin du XIVe siècle et la Serbie est entièrement annexée en 1459. 1453 voit la prise de Constantinople par les troupes du sultan Mehmet II. C'est la fin de l'Empire byzantin.
C'est à cette époque que de nombreux chrétiens slaves, grecs ou arméniens, pauvres et démunis, se convertissent à l'islam pour ne pas payer le haraç (impôt sur les non-musulmans) et deviennent Ottomans.
Au XVIe siècle, l'Empire trouve sa place dans le jeu diplomatique européen où il est un allié traditionnel de la France, dans une alliance de revers contre les Habsbourgs, dès le règne de François Ier.
L'Empire décline à partir du XVIIIe siècle. La défaite à la bataille de Vienne de 1683 marque le début du déclin effectif et des premières pertes territoriales. Au XIXe siècle, l'Empire désagrégé tente de se reconstruire en se modernisant par de nombreuses réformes. Mais cette période de réformes, appelée Tanzimat, s'achèvera en 1876 sans empêcher la perte de la Grèce, de l'Égypte ou de l'Algérie. À la fin du siècle, ce sont les Balkans qui retrouvent leur liberté. Dans le même temps, les populations arméniennes se révoltant pour obtenir d'avantage de droits et de libertés deviennent un véritable problème au sein de l'empire. Le sultan Abdülhamid II ordonna de les massacrer entre 1894 et 1896. Les massacres hamidiens feront deux-cent mille victimes arméniennes.
En 1913, la défaite de la seconde guerre balkanique amène les Jeunes-Turcs (Parti Union et Progrès) au pouvoir.
Entre 1915 et 1917 le noyau dur du parti, et notamment Talaat Pacha, met en place et organise le génocide arménien qui coûta la vie, selon la majorité des historiens, à un million deux cent mille Arméniens d'Anatolie. Les deux tiers de la population arménienne d'Anatolie furent exterminés sans que les puissances occidentales n'interviennent. Le génocide arménien est considéré comme le premier du XXe siècle.
Le 10 août 1920, à la fin de la Première Guerre mondiale, le traité de Sèvres partage l’Empire ottoman ; il prévoit un Kurdistan et une Arménie indépendants, attribue la Thrace orientale et la région de la mer Égée à la Grèce et met les territoires arabes sous contrôle de la France et de la Grande-Bretagne.
Entre 1920 et 1923, Mustafa Kemal Atatürk mène la guerre républicaine destinée à récupérer une grande partie des territoires perdus par le traité de Sèvres. Finalement, le 24 juillet 1923, le traité de Lausanne revient sur le traité de Sèvres en attribuant toute l’Anatolie et la Thrace orientale à la Turquie ; les minorités grecque et arménienne résiduelles sont chassées, sauf à Istanbul.



