Histoire


Schéma structural simplifié du grand rift est-africain.

L'histoire de l'Afrique désigne l'ensemble des faits passés concernant l'Afrique, de la Préhistoire à aujourd'hui.

L'Afrique de l'Est est probablement le lieu où l'espèce humaine est apparue, il y a environ 190 000 ans. Par la suite, des peuples se formèrent, se développèrent, et se répartirent sur le territoire africain. Vers la fin de la Préhistoire, le Sahara, qui était alors formé de grands lacs, devint aride et « coupa » l'Afrique en deux. L'histoire de l'Afrique du Nord fut alors mêlée à celle de la mer Méditerranée, et l'Afrique sub-saharienne (aussi appelée Afrique noire) se développa de son côté.

L'Afrique du Nord fut tour à tour sous l'emprise des Phéniciens (notamment avec le comptoir de Carthage au Nord-Est de l'actuelle Tunisie) au Ier millénaire av. J.-C., des Romains, et des Arabes. Aujourd'hui encore, l'Afrique du Nord est majoritairement musulmane. Mais l'Afrique du Nord a aussi été victime de la colonisation.

En Afrique sub-saharienne, se sont développés des empires et des royaumes médiévaux, avant qu'ils soient eux aussi victimes de l'islamisation au VIIe siècle. Pour finir, l'Afrique noire fut victime de la colonisation au XIXe siècle et se décolonisa progressivement de 1910 à 1975.

L'histoire du continent africain est d'abord le fruit de sa géographie.La vallée du Rift a livré un nombre important de vestiges archéologiques et de fossiles liés à la présence des premiers hominidés préhistoriques. Cette concentration ne traduit pas nécessairement une occupation privilégiée de cette région mais plutôt un ensemble de facteurs favorisant la préservation puis la redécouverte et l'étude de ces témoignages anciens :
* le fossé d'effondrement formé par le rift est africain s'est accompagné de changements climatiques importants qui se sont traduits par le développement d'une savane arborée. Selon la théorie de l’East Side Story popularisée par Yves Coppens, cet environnement particulier a pu jouer un rôle important dans l'évolution humaine.
* l'enfoncement du cœur du rift s'est également traduit par la multiplication d'une part des lacs et d'autre part des phénomènes sismiques et de l'activité volcanique. Les lacs s'accompagnent d'une sédimentation rapide et importante, qui favorise l'enfouissement et la fossilisation des restes osseux et des vestiges archéologiques. Les volcans contribuent à la formation de niveaux de cendres volcaniques, aisément datables par des méthodes de datation absolue telles que la datation au potassium-argon. L'activité sismique produit également des basculements importants ramenant vers la surface des terrains anciens.

Le grand rift d'Afrique de l'Est est donc une région dans laquelle des terrains très anciens, marqués par une sédimentation lacustre rapide et quasiment continue, sont accessibles et susceptibles d'être datés. Le caractère limité de la végétation de savane facilite également les prospections.

Les principales découvertes concernant les débuts de l’aventure humaine ont pour cadre le continent africain, et tout particulièrement l’Afrique orientale et australe. C’est de ces régions que proviennent les plus anciens fossiles attribués à la famille des Hominidés : parmi ces ancêtres - ou proches parents - de l’Homme on trouve les Australopithèques (dont Australopithecus afarensis et la fameuse Lucy, puis Australopithecus africanus et Paranthropus robustus) et les premiers représentants du genre humain proprement dit (Homo rudolfensis puis Homo habilis, le premier à avoir une capacité crânienne de plus de 600 cm³).

C’est de là également que proviennent les plus anciens outils de pierre taillée connus à ce jour : ils ont été découverts en Éthiopie, à Kada Gona, dans des terrains datés d’environ 2,6 Ma BP. Si ces premiers outils sont généralement peu élaborés, des découvertes récentes effectuées dans le site de Lokalalei au Kenya (Ouest du lac Turkana), ont montré que la taille de la pierre pouvait être assez organisée et révélait une certaine habileté technique dès 2,3 Ma BP.

Après une période durant laquelle ils sont rares, les sites à outils lithiques se multiplient à partir de 1,9 Ma BP. Les sites d’Olduvai en Tanzanie ou de Koobi Fora au Kenya ont livré de nombreux vestiges de cette industrie appelée Oldowayen. Les instruments de cette époque restent très simples et comportent essentiellement des éclats et des galets taillés. À partir de 1,6 Ma BP, toujours en Afrique, on assiste à l’apparition de nouvelles espèces d’Hominidés fossiles et d’une nouvelle industrie lithique :
* en effet, on trouve à cette époque, aux côtés des Paranthropus robustus, les Homo ergaster puis les Homo erectus.
* d’autre part, on voit apparaître de nouveaux outils, plus grands et plus élaborés, tels que les bifaces, les hachereaux ou les bolas, qui caractérisent l’Acheuléen. Les sites de cette époque sont extrêmement nombreux mais on peut retenir les noms d’Olduvai (Tanzanie), Olorgesailie, Kilombe, Isenya (Kenya), Melka Kunture, Gadeb (Éthiopie).

L'homme moderne (Homo sapiens) est probablement apparu en Afrique il y a environ 150 000 ans.

Les pétroglyphes et les mégalithes retrouvés dans le Sahara, sur le territoire de l’actuelle Libye, témoignent d’une culture de chasseurs-cueilleurs dans les prairies sèches d’Afrique du nord pendant l’ère glaciaire. Après la désertification de la région, les populations nord-africaines se sédentarisèrent le long de la vallée du Nil, où elles allaient donner naissance aux premières civilisations égyptiennes.

La linguistique suggère que des peuples bantous émigrèrent vers le sud-ouest du Cameroun et vers le sud-est du Nigeria et repoussèrent les civilisation Khoisan durant 4000 ans. La culture du yam et du manioc leur permettait de supporter une population plus dense que les tribus de chasseurs-cueilleurs. Les bantous seraient originaires de la région du Bénoué au sud-est du Nigeria, d’où ils se seraient dispersés dans une grande partie de l’Afrique sub-saharienne, jusqu’en Zambie. Les migrations bantoues vers les forêts tropicales d’Afrique centrale auraient commencé au cours du deuxième millénaire avant J.-C., subissant la pression démographique des populations du Sahara qui fuyaient l’avancée du désert. La seconde phase de migration, environ mille ans plus tard, les amena jusqu’en Afrique australe et orientale.

L’Éthiopie se distingue nettement de ses voisines et entretient des contacts intermittents avec l’Eurasie après l’expansion de l’espèce humaine hors d’Afrique. La culture, la langue ainsi que les espèces cultivées en Éthiopie (café, sorgho, teff) sont particuliers à cette région.

À la fin de la dernière glaciation, il y a environ 10 500 ans, le Sahara était une région fertile et peuplée. Cependant, il s’assécha petit à petit sous l’effet du réchauffement 5 000 ans plus tard. Ses habitants commencèrent alors à remonter la vallée du Nil en quête de terres plus accueillantes, au-delà de la deuxième cataracte.

En Afrique, la domestication du bétail précède l’agriculture et semble avoir existé en même temps que les tribus de chasseurs-cueilleurs. L’élevage aurait été pratiqué en Afrique du nord dès 6 000 avant J.-C.

Les premières traces de culture du riz et du sorgho remontent à 5000 avant J.-C. dans la région du Sahel.

À partir de 4 000 avant J.-C., l’avancée du désert au Sahara s’intensifia rapidement, asséchant lacs et rivières, ce qui provoqua des migrations vers l’Afrique de l’Ouest, plus humide.

Vers - 3 000, l’agriculture se développa à peu près simultanément en Afrique de l’Ouest, avec la culture du yam et du palmier à huile, et en Éthiopie, avec le café et le teff.

Le travail du fer fut introduit en Afrique du nord au cours du premier millénaire avant J.-C. et se répandit rapidement vers le sud à travers le Sahara. Vers 500 avant J.-C., la métallurgie était bien implantée en Afrique de l’ouest, peut-être apportée par les Carthaginois. Des objets en cuivre provenant d’Égypte, d’Afrique du nord, de Nubie et d’Éthiopie retrouvés en Afrique de l’ouest sont datés d'environ - 500 avant J.-C., ce qui tend à penser que des routes commerciales existaient déjà.

Le Sahara fut tour à tour une mer intérieure, un lac marécageux, et coupa le continent en deux parties simplement reliées puis un immense pâturage parcouru par des pasteurs nomades. À la fin de la Préhistoire, il devint aride et donna le désert du Sahara que nous connaissons actuellement. Pendant toute l'Antiquité et jusqu'aux premiers siècles de l'ère chrétienne, l'histoire de l'Afrique du Nord se conjugua avec celle de la Méditerranée, tandis qu'au sud du Sahara, l'histoire de l'Afrique noire, qui nous est connue par le biais de ses royaumes orientaux tels ceux de Méroé, de Koush, etc., et de ses grandes migrations, dont celle des Bantous qui occupent une grande partie du continent, connaissait un développement différent et autonome. L'Égypte antique est le point qui relie ces deux Histoires.

La grande activité commerciale et les terres fertiles d’Afrique de l’ouest y ont favorisé l’émergence de royaumes et d’empires puissants tels que la civilisation Nok, l’empire du Mali, l’Oba du Benin, le royaume du Kanem-Bornou, l’empire Fulani, le Dahomey, le royaume d'Oyo, l’empire Ashanti et l’empire Songhai, l'empire du Djolof.

Des fédérations plus lâches de cités-États telles que les Yoruba et les Haoussa virent également le jour.

À partir du VIIe siècle, les armées Arabes conquièrent l'Afrique du Nord. Le commerce caravanier et la conquête musulmane nouèrent de nouvelles relations entre les deux Afrique.

Historiquement, la première grande traite des noirs africains envoyés hors de leur continent commença après le VIIe siècle avec la traite arabe. Cela a débuté en 652, lorsque le général arabe Abdallah ben Sayd impose aux Nubiens (les habitants de la vallée supérieure du Nil) la livraison de 325 esclaves par an. La zone touchée s'étendait des territoires au sud du Sahara comme le Mali à l'Afrique de l'Est en passant par le Soudan et en suivant les routes transsahariennes.

L'Afrique noire eut ses premiers contacts avec les européens au XVe siècle. Ils établirent des comptoirs concurrents de la traite orientale ; d'abord pour commercer, ensuite aussi pour la traite des noirs à l'origine de la diaspora africaine.

On estime qu'à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, un quart des hommes avait un statut d'esclave ou de travailleur forcé en Afrique Noire. Aussi, les colons sont aidés dans cette entreprise par les dirigeants ou dominants africains.

Les Européens, à la suite de la colonisation des Amériques, et afin de remplacer la main-d’œuvre amérindienne, importent des africains. En effet, l'esclavage des amérindiens a progressivement été interdit au XVIe siècle, que ce soit par l'Église catholique ou les Rois européens qui dominaient l'Amérique latine. Sur plus de 400 ans (1500-1888), des esclaves sont achetés à différents endroits des côtes africaines : Afrique de l'Ouest, Guinée, Bénin, Nigéria, Sénégal et Sud de l'Afrique. À partir de 1800, des mouvements noirs et antiesclavagistes se manifestent, et malgré l'abolition de l'esclavage (autour de 1850 en fonction des pays), une traite illégale continua jusqu'au début des années 1900.

Au XIXe siècle, après l'abolition de l'esclavage, les États européens envahirent l'Afrique du Nord et l'Afrique subsaharienne grâce à leur avance technologique et malgré la résistance des peuples africains.

La période coloniale en Afrique s'étend de la Conférence de Berlin (1884-1885) aux indépendances des années 1960 et constitue l'acte fondateur des actuels États africains : les puissances coloniales se partagent alors l'Afrique lors de la conférence de Berlin en 1884-1885.

La colonisation a façonné l'espace et les orientations économiques des pays. Au départ, les pays colonisateurs n'ont pas l'intention de partager les territoires mais ils veulent uniquement protéger leurs compagnies contre les interventions étrangères. De ce fait, les colons partagent l'espace selon les méridiens, les latitudes, les cours d'eau et rarement selon les populations.

Si l'on écarte la brève occupation italienne (d'octobre 1935 à 1941) par Mussolini, l'Éthiopie est le seul État africain qui n'ait pas été colonisé par une puissance européenne. Une des raisons est qu'à l'instar de rares pays africains (Égypte, Maroc), l'Éthiopie est un État historiquement constitué (le pays de Kousch décrit dans la Bible). Elle ne fut pas « inventée » du fait des colonisations européennes du XIXe siècle. Cela explique, du moins en partie, le choix d'Addis-Abeba pour l'accueil du siège de l'Union africaine en 1963.

Les aspirations nationalistes africaines menèrent aux indépendances qui s'étalèrent de 1910 à 1975 suivant les pays. Les régimes qui s'installèrent ne furent pas démocratiques et peinèrent à développer leurs pays. L'Afrique fut jusqu'aux années 1990 instrumentalisée par les puissances de la guerre froide. Depuis la chute du mur de Berlin, les pays africains oscillent entre guerres civiles et processus de démocratisation, dont les aléas sont souvent liés aux stratégies de firmes multinationales.

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