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Histoire
Le SPÖ perd la majorité absolue en 1983 à cause de la progression du chômage et des scandales financiers. Kreisky démissionne et est remplacé par Fred Sinowatz dans une coalition avec le FPÖ, qui obtient trois ministères (justice, commerce, et défense) et le poste de vice-chancelier.
De nouvelles forces politiques s’installent progressivement en Autriche : les Verts entrent pour la première fois dans un parlement régional en 1982 et au parlement national en 1986 ; Jörg Haider devient chef du FPÖ, il est bien plus nationaliste que son prédécesseur et fait de son parti un parti d’extrême-droite, ce qui conduit à la fin de la coalition gouvernementale. Une nouvelle grande coalition se forme en 1987 entre SPÖ et ÖVP.
Les élections présidentielles de 1986 provoquent un grand débat sur le passé autrichien. On apprend en effet que le candidat de la droite, Kurt Waldheim, a été officier dans l’armée nazie dans les Balkans. Ce débat montre à quel point la question de la responsabilité du peuple autrichien a été éludée. Waldheim n’est pas réélu, car l’Autriche se trouve isolée sur la scène internationale. Peu de chefs d’État acceptent de recevoir Waldheim.
La nouvelle grande coalition se donne pour objectif de résoudre la crise économique, faire des réformes et des économies. Elle commence à travailler avec l’Union européenne, et on prévoit son adhésion dès 1989, ce qui remet en cause sa neutralité. Le chômage baisse mais le problème du financement de l’État-providence demeure, notamment celui des retraites.
En 1989, le bloc de l’Est se dissout, provocant l’arrivée de nombreux réfugiés, pain bénit pour Haider dont le parti progresse aux élections de 1990. La guerre en Yougoslavie, pays voisin de l’Autriche, inquiète la population autrichienne.
La population autrichienne est au départ hostile à une adhésion à l’Union européenne, tout comme le SPÖ, car cela remet en cause la neutralité, composante essentielle de l’identité autrichienne. Une perte de liberté et de droits fondamentaux est crainte. Mais cela constitue aussi une protection contre les dommages collatéraux d’éventuelles guerres en Europe de l’Est. En 1994, la population autrichienne se prononce clairement pour l’adhésion qui se fera l’année suivante.
Malgré sa défaite au référendum sur l’UE, le FPÖ reste populaire aux élections nationales. Il mène une politique d’opposition agressive. L’aile libérale du parti se sépare pour créer le Forum Libéral en 1993.
Les années 1990 sont aussi une période de changement dans la vie politique autrichienne. La coalition est de plus en plus remise en question. Le FPÖ devient le deuxième parti du pays. C’est avec l’adhésion à l’Europe un autre signe de normalisation de l’Autriche. En effet, cette situation de l’extrême-droite se retrouve dans de nombreux pays comme l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark etc. En 1994, les deux grands partis ne réunissent plus pour la première fois la majorité des deux tiers, nécessaire à une modification de la Constitution.
En 1999, l’ÖVP devient le troisième parti du pays. Les négociations en vue d’une coalition durent des mois, et échouent entre l’ÖVP et le SPÖ. L’ÖVP décide donc de gouverner avec le FPÖ. Wolfgang Schüssel devient chancelier. L’ÖVP avait en tête que la montée du FPÖ était due à la grande coalition. Si celle-ci avait continué, le FPÖ serait peut-être devenu premier parti autrichien aux prochaines élections. De plus, à cause de ses réformes radicales, le FPÖ ne pourrait jamais obtenir de bons résultats en l’espace d’une législature (quatre ans). En 2002, le FPÖ perd en effet des voix aux élections, mais la coalition continue. Cette coalition est une rupture dans l’histoire récente autrichienne car le SPÖ n’y participe pas. De plus, c’est la première coalition « traditionnelle » (vue de l’étranger) à être reconduite.
Enfin, deux autres résultats montrent des changements : une femme pasteur protestante est candidate aux élections présidentielles de 1998 et recueille 13,5% des voix ; aux élections européennes de 2004, un ancien membre du SPÖ fait campagne sur des thèmes populistes et obtient 14%. Les électeurs autrichiens se montrent prêts à voter pour de nouvelles personnes.


