Économie
La France est le deuxième producteur mondial de raisin avec une production de 7 800 000 tonnes selon la FAO; Ici, un vignoble près de Myans en Savoie
L'économie de la France traite de la situation économique conjoncturelle et structurelle de la France de nos jours. En 2008, la France est la 5e puissance économique mondiale, derrière les États-Unis, le Japon, la Chine, l'Allemagne et devant le Royaume-Uni. En 2007, la valeur de son Produit intérieur brut (PIB) est de 1 892 milliards d'euros. Elle se classe au 17e rang pour le PIB par habitant en taux de change nominal, légèrement au-dessus de la moyenne de l'UE-15. En classement par PIB en PPA, la France est la 7e puissance économique.
L'économie française est principalement une économie de services : le secteur tertiaire occupe 72 % de la population active, tandis que le secteur primaire (agriculture, pêche,…) n'en représente plus que 4 %, et le secteur secondaire (essentiellement l’industrie) 24 % (en 1999). L'économie française est une économie de plus en plus ouverte, occupant une place importante dans les échanges commerciaux internationaux. La France est le 5e pays pour ses exportations et le 6e pour ses importations. En 2006, les exportations représentent 26 % du PIB et les importations 27 %. La balance commerciale (biens et services) est devenue déficitaire en 2004, et ce déficit s’est accru en 2005 et 2006. Le taux de chômage reste plus élevé que ceux des autres pays développés. Le taux d'emploi (63,8 % en 2006), proche de la moyenne européenne (64,8 %), est plus faible que celui de l’UE-15 (66,2 %), et de la moyenne des pays développés, en particulier pour les seniors, les moins de 30 ans, et les personnes faiblement qualifiées.
Pendant longtemps, la France est restée la 4e puissance économique ; elle a été dépassée par la Chine en 2006, et le sera probablement par des puissances émergentes (en particulier par l’Inde). La France fait partie des pays fondateurs de l'Union européenne et de la zone euro. Au cœur d’une zone économiquement très développée, son économie a bénéficié de la mise en place du marché commun européen. L'intervention de l'État dans l'économie est traditionnellement importante. Le niveau de dépenses publiques et donc d’imposition est parmi les plus élevés au monde. À partir de 1986, l'État a privatisé un grand nombre d'entreprises publiques mais son influence sur l’économie reste forte (on parle de « néo-colbertisme »).
La croissance du PIB par habitant français a été plus faible que celle d’autres pays développés au cours des deux dernières décennies[18], provoquant des débats sur la réalité de ce décalage et sur les réformes économiques, qui pourraient y remédier.
Depuis plusieurs années de multiples rapports en provenance d'instituts économiques tels que le Conseil d'analyse économique (CAE), le Cerc notamment dans son rapport de 2006 intitulé La France en Transition 1993-2005, des commissions mandatées par les gouvernements successifs telles la commission dirigée par Michel Camdessus en 2004, ou, en 2007–2008, la commission pour la libération de la croissance française (« Commission Attali »), insistent sur le fait que la France décroche en matière de croissance vis-à-vis des autres pays de l’OCDE. Si les constats sont convergents les voies pour y remédier présentent un certain nombre de points de convergence ne serait-ce que parce qu'ils sont assis sur des analyses économiques assez proches mais aussi des différences significatives sur la façon d'aborder les problèmes et de les hiérarchiser. L’augmentation de la croissance doit également être combinée à l’équité.
Malgré l'absence de récessions depuis les années 1980, à l'inverse du Japon (qui a vécu une crise liée à l’éclatement de la bulle spéculative japonaise) ou de l'Allemagne (qui a dû faire face au choc économique de la réunification), la croissance en France a été faible. Le niveau de PIB par habitant, qui se rapprochait de celui des États-Unis, s’éloigne à nouveau : en 2006, le niveau français est inférieur de 25 %[54]. Pour Gilbert Cette, « l'écart d'environ 25% du PIB par habitant de la France ou de l'Union européenne par rapport aux Etats-Unis s'explique, pour respectivement 5 à 10 points et 15 à 20 points, par une productivité horaire structurelle plus faible, le reste de l'écart venant d'une durée du travail et d'un taux d'emploi plus faibles »[55]. En 2002, la durée annuelle de travail des employés en France était une des plus faibles parmi les pays de l'OCDE, à 1545 heures ; elle était de 1815 heures au États-Unis [56]. Parallèlement, deux tranches d’âge sont largement sous-employées : les jeunes de 15 à 24 ans (en 2002, taux d’emploi de 23,3 % contre 55 % aux Etats-Unis, 61 % au Royaume-Uni, et les personnes de 55 à 64 ans (en 2002, taux d’emploi de 34,2 % contre 59,5 % aux Etats-Unis, 53,3 % au Royaume-Uni). Si l’on ajoute que la France avait en 2002 un taux de chômage standardisé de 8,7 % contre 5,8 % aux Etats-Unis et 5,1 % au Royaume-Uni, on peut dire que la France utilisait peu le potentiel de travail dont elle disposait.
Plus de 100 pays dans le monde situés sur tous les continents ont un taux de croissance supérieur à 5 %. Si la très forte croissance de grands pays tels que la Chine et l'Inde est liée au fait qu'ils sont en phase de rattrapage, il n'en demeure pas moins que si la France et l'Europe veulent conserver leurs places de grandes puissances mondiales elles se doivent d'augmenter leur taux de croissance. Depuis 2000, la croissance moyenne en France n'a été que de 1,7 % par an. La Commission pour la libération de la croissance française attribue cette faible performance au fait que la France n'a pas su se réformer depuis vingt ans ; ce constat est largement partagé. De 1993 à 2005, le taux moyen de croissance de la France a été de 2,1 % par an contre 2,9 % au Royaume-Uni et 3,2 % aux États-Unis. Si l’on calcule l’évolution du PIB de 1994 à 2004, celui des États-Unis a augmenté de 45 % environ et celui de la France de 25 %, soit un écart de 20 points de pourcentage.


