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Histoire
Mahmud de Ghazni et Ayaz Le sultan est ici à droite, serrant la main du Sheikh, avec Ayaz debout derrière lui. Le personnage à droite est Shah Abbas Ier, qui régna environ 600 ans plus tard. Musée d'Art contemporain de Téhéran, Iran.
Les sources primaires de l'histoire de l'Inde sont :* l'archéologie
* la littérature : les Veda, le Mahâbhârata, le Râmâyana, etc
* les relations des voyageurs étrangers, principalement grecs, chinois, musulmans et européens.Les hindouistes ne tiennent pas l'Histoire en haute estime. On ne trouve donc pas de chroniques comme par exemple en Chine ou en Occident pour servir de documents primaires aux recherches historiques. En fait l'Histoire ne commence à intéresser les Indiens qu'au siècle dernier, lorsque le sentiment national commence à émerger.
Il existe cependant quelques chroniques royales et de nombreuses inscriptions, célébrant le plus souvent la fondation d'un temple ou une donation faite à ordre religieux, mais celles-ci sont peu fiables en tant que source pour deux raisons:* D'une part il s'agit de panégyriques non objectifs en l'honneur du roi local, l'étendue du territoire qu'il domine est dans ce but le plus souvent sur-estimée. Par exemple, dans de très nombreuses inscriptions on trouvera l'appellation de cakravartin (voir chakra) ou « souverain universel » pour de petits roitelets le plus souvent feudataires d'un royaume plus puissant. Il est de ce fait difficile à partir de ces seules sources de dessiner la carte politique de l'Inde dans les temps anciens.
* D'autre part le mode de datation varie d'une inscription à l'autre, les dynasties ayant parfois tendance à considérer le début de leur règne comme une nouvelle ère. Il existe quelques modes de datations répandues (comme l'ère Shaka) toutefois pour faire une correspondance avec notre mode de datation encore faut-il être sûr de celui utilisé pour l'inscription.De ce fait, ces sources nécessitent un recoupement avec des données archéologiques ou des sources étrangères, essentiellement chinoises et tibétaines (les chroniques singhalaises sont également considérées comme relativement fiables même si moins riches) pour pouvoir être exploitées.
Mais l'Inde s'est elle-même peu tournée vers son histoire, les seuls écrits considérés comme historiques étant les épopées, ou les Purâna, histoire mythique plus que réelle faisant intervenir des dynasties d'origines divines et dont les fondements historiques, s'ils ne sont pas exclus, sont difficiles à déterminer.
En effet, le temps historique, celui du monde matériel, de la mâyâ, n'est qu'un monde trompeur qui détourne de la réalisation de soi, de la libération de son âme et auquel il convient d'accorder le moins d'attention possible. L'idéal des hindouistes, des jains et des bouddhistes, même s'ils sont très peu nombreux aujourd'hui, est d'interrompre le cycle des renaissances, un temps cyclique, pour atteindre le nirvāna ou se fondre dans le brahman et connaître donc la dissolution du temps. Le temps sagittal, et le concept de progrès qui l'accompagne, classique dans la civilisation judéo-chrétienne et sur lequel se fonde l'Histoire a été longtemps inconnu, ou méprisé, en Inde et il ne s'est installé dans la pensée indienne qu'à la suite de la contamination par la pensée musulmane tout d'abord, puis occidentale durant la colonisation britannique.
Enfin, jusqu'à la deuxième moitié du XIXe siècle, les colons britanniques, qui sont aussi les premiers indianistes, légitiment leur mainmise sur le pays en minimisant l'ancienneté de la civilisation en Inde. De plus, ils datent les évènements d'une Histoire indienne qu'ils sont les premiers à écrire en sous-estimant leur ancienneté pour les faire cadrer avec les données historiques induites par la Bible.


