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Démographie
Évolution de la démographie entre 1992 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants
La population de la Russie s'établit à 143,4 millions d'habitants, avec un fort taux d'urbanisation (73 % de la population). La densité est de 8,5 hab./km² mais la population est très inégalement répartie sur le territoire : de 26,9 en Russie d'Europe (Oural compris) elle tombe à 2,5 en Russie d'Asie. Cette population est en baisse régulière depuis 1992 du fait d'un déficit naturel important stabilisé autour de 800 000 habitants par an depuis une dizaine d'années que n'arrive pas à compenser l'immigration. Ce déficit reflète l'écart entre le taux de natalité qui s'établit aujourd'hui à 10,4 ‰ et le taux de mortalité évalué à 16 ‰ en 2006. L'espérance de vie est inférieure à la moyenne européenne pour les femmes (72 ans) mais est surtout particulièrement faible pour les hommes : pour ceux-ci l'âge moyen au décès est de 59 ans. Il est inférieur de 12 ans à la moyenne européenne et de 18 ans à la moyenne française. Cela s'explique par divers facteurs : l’alcoolisme, des équipements de santé déficient, une production de médicaments insuffisante, une dégradation du niveau de vie. La Russie connaît quatre fois plus de morts violentes que les États-Unis : en effet, elle se classe au deuxième rang mondial pour les homicides (28,4 pour 100 000 habitants en 2000) et troisième pour les suicides (38,4 pour 100 000 habitants en 2002. Le regain de certaines épidémies comme le SIDA expliquent aussi la situation : à la fin de 2005, la Russie enregistrait près de 350 000 infections au VIH.
L'urbanisation tend à dépeupler la gloubinka, ou « Russie profonde » au profit de grandes métropoles.
Après la Seconde Guerre mondiale, qui avait entraîné la mort d'environ 27 millions de personnes (civils et militaires), la population avait retrouvé son niveau d'avant-guerre en 1955 (111 millions), puis s'était accrue de près de 35 % en atteignant son maximum en 1992 (148,7 millions). Mais plusieurs phénomènes sont venus modifier cette dynamique démographique dont la plus importante est sans doute la "normalisation" de la fécondité russe qui a effectué à compter de 1988 sa transition démographique et présente désormais un taux de natalité proche de celui des autres pays d'Europe de l'Est. La surmortalité masculine aggrave le déficit : elle est attribuée en partie à la dégradation du système de santé russe mais elle relèverait essentiellement de conséquences de facteurs sociologiques tels que l'alcoolisme et les forts taux de suicide et de mort accidentelle.
Le gouvernement russe a inscrit dans son programme la mise en place d'une politique nataliste reposant sur des incitations financières pour la naissance des 2e et 3e enfants.
Le déficit naturel est en partie compensé par des flux migratoires en provenance des pays issus de l'éclatement de l'URSS. L'immigration, qui était dans les années 1990 essentiellement le fait de russophones, a aujourd'hui des origines plus mélangées (immigration chinoise et ouzbek). En 2008, la Russie comptait quelque 10 millions d’immigrés. La crise économique, l’augmentation du chômage et la redéfinition de l’identité russe provoquent une montée de la xénophobie dans le pays : 74 meurtres à caractère racistes ont été recensés en 2007, 114 en 2008.
Le courant d'émigration en direction d'Israël et de l'Allemagne, très important durant la décennie précédente, s'est aujourd'hui pratiquement tari.


