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Démographie
La mise en place de la politique démographique extrême que l'on nomme "de l'enfant unique" (fin des années 1970) est quelque peu surprenante de premier abord. En effet, la fécondité chinoise a fortement chuté entre 1970 et 1978, passant de 5.75 à 2.75 enfant par femme[1]. La politique démographique précédente (wan-xi shao) fut donc un grand succès. Toutefois, en raison de la fécondité particulièrement élevée des années pro-natalistes, la densité du nombre de femmes en âge de mettre au monde va progresser jusqu'au début des années 1990. Ainsi, la natalité sera sous influence d'une formidable inertie et va demeurer très haute pendant encore plusieurs décennies.
L'origine de la Politique fait débat. Certains, dont Susanne Greenhalgh, sont d'avis qu'elle trouve ses racines dans la peur d'une surpopulation. Mais, les projections sur lesquelles s'appuieraient ces peurs sont si grossièrement erronées qu'il est peu probable que des dirigeants puissent les prendre au sérieux. Dès lors, d'autres auteurs, notamment Pascal Rocha da Silva, avancent l'hypothèse que la Politique ait avant tout une motivation économique. En effet, elle est mise en place par Deng Xiaoping concomitamment avec les Quatre Modernisations. Celles-ci indiquent que la nouvelle légitimité de l'Etat chinois se trouve non plus dans le dogme mais dans l'amélioration concrète du niveau de vie. Limiter drastiquement le nombre d'enfants permet d'allouer les maigres ressources de l'état plus pleinement à la croissance économique. En 1995, l'état indique que tel est le but de la politique en ces termes : "le planning familial doit servir et être subordonné à la tâche centrale du développement économique". Une raison secondaire est que les Quatre Modernisations vont entraîner, de manière prévisible, une baisse de la supervision étatique des campagnes : il n'est dès lors plus possible de poursuivre la politique de wan-xi-shao, qui repose sur la structure de la période maoïste (qui permet de surveiller chacun en tout temps).
Cependant, a la toute fin des années 1970, la République populaire de Chine, afin de limiter la croissance de sa population, a adopté une règlementation limitant le nombre d'enfant par couple à 1. Les minorités ethniques (à l'exception Zhuang, la première minorité ethnique de Chine) ne sont, dans un premier temps, pas concernées. En 1984, face à au constat que la Politique est insupportable pour les paysans, l'état publie le document 7. Cette préférence pour les garçons découle surtout du simple fait que les assurances sociales (et notamment vieillesse) sont quasi inexistantes à la campagne. Lors du mariage, l'épouse entre dans la famille de son mari et s'occupera de ses beaux-parents et non pas de ses parents biologiques.
Depuis 2002, le versement d'une somme de 510 euros ( 5000 yuans à rapporter au salaire moyen urbain de 1200 yuans) permet la naissance légale d'un deuxième enfant. Dans le cas de naissances illégales, des pénalités sont prévues : amendes et non délivrance de Haikou, petit livret permettant, entre autres, la gratuité des transports, scolarité, etc. Un nombre inconnu d' enfants noirs - ou enfants cachés par les familles par peur de représailles - existe en RPC. D'autre part, les nouveaux riches chinois peuvent payer les amendes. Toujours dans le but de ralentir l'accroissement naturel, la Constitution chinoise limite les mariages en imposant l'âge minimal de 22 ans pour les hommes et de 20 ans pour les femmes. En retardant la formation des foyers, elle espère réduire la période de fécondité.
Le respect des quotas ayant une incidence politique sur les responsables des cantons, certaines exactions auraient été observées dans ce sens, entraînant des stérilisations et des avortements forcés.
Le 28 février 2006, le Bureau d'État des Statistiques (BES) chinois a annoncé que la population chinoise avait augmenté de 7,68 millions de personnes en 2005, soit une croissance naturelle de 5,89 pour mille, contre 5,87 pour mille en 2004. Au 31 décembre 2005, la population chinoise a atteint 1 307 560 000 personnes, dont 562 millions de personnes vivant en ville et 745 millions de personnes dans les régions rurales. Sur ce chiffre total, on compte 674 millions d'hommes (soit 51,5%) et 634 millions de femmes (soit 48,5%). En 2005, la Chine a enregistré plus de 16 millions de naissances et environ 8,49 millions de décès.
La population chinoise a tendance à vieillir : la part des 60 ans et plus est passé de 7,5 % de la population totale en 1950 à 10,9 % en 2005. Le vieillissement est plus accentué qu'en Inde, où les plus de 60 ans représentent 5,9 % de la population. Mais il reste inférieur à celui de l'Europe où 17,3 % des habitants ont plus de 60 ans.



