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Économie
L’économie du Mexique a été classée 14e parmi les économies mondiales en 2006[1] avec un produit intérieur brut qui dépassait un billion de dollars en 2004[2], mesuré en parité de pouvoir d'achat. Le Mexique possède une économie de marché orientée vers l'exportation et est résolument établi comme un pays au revenu moyen supérieur avec le plus haut revenu par habitant d'Amérique latine, en taux de change sur le marché. Le Mexique est le seul État membre d'Amérique latine de l'Organisation de coopération et de développement économiques.
Depuis la crise de 1994, les gouvernements ont amélioré les fondamentaux macroéconomiques du pays. Le Mexique n'a pas été affecté de façon significative par la récente crise sud-américaine, et a maintenu son taux de croissance positif, après une bref période de stagnation en 2001. Moody's (en mars 2000) et Fitch IBCA (en janvier 2002) a publié des estimations pour la dette nationale du Mexique. En dépit de sa stabilité macroéconomique sans précédent, qui a réduit l'inflation et les taux d'intérêt à des minimum records et a augmenté le revenu par habitant, des écarts immenses entre la population urbaine et la population rurale, les États du Nord et les États du Sud, et les riches et les pauvres. Certains des défis du gouvernement comprend l'amélioration des infrastructures, la modernisation du système d'imposition et les lois du travail, et la réduction des inégalités des revenus.
L'économie est composée d'un mélange d'industrie et d'agriculture à la fois moderne et archaïque, ces deux ensembles d'activités étant dominés par le secteur privé. Les gouvernements récents ont renforcé la concurrence des ports, des chemins de fer, des télécommunications, de la production d'électricité, de la distribution du gaz naturel et des aéroports, dans l'objectif d'améliorer l'infrastructure. Comme il s'agit d'une économie orientée vers l'exportation, plus de 90% du marché mexicain est sous les accords de libre échange avec plus de 40 pays, dont l'Union européenne, le Japon, Israël, et la majeure partie de l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud. Le traité de libre échange le plus important étant l'ALENA, qui a pris effet en 1994, et a été ratifié en 1992 par les gouvernements des États-Unis, du Canada et du Mexique. En 2006, le commerce avec ses deux partenaires septentrionaux représentait 90% des ses exportations et 55% de ses importations.
* Pétrole : les champs pétrolifères se situent principalement dans les États de Veracruz, de Tabasco, de Chiapas et de Campeche (70% de l’exploitation nationale). Depuis le gouvernement du président Lázaro Cárdenas qui décida la nationalisation du pétrole, la compagnie d’État Pemex a le monopole de l’exploitation, production, transport et commercialisation du pétrole sur le territoire mexicain. Le Mexique est le 5e producteur mondial de pétrole et le 9e exportateur. La quasi-totalité des exportations de pétrole mexicain se font en direction des États-Unis dont il est le troisième fournisseur. Néanmoins, le déclin du principal gisement, Cantarell, laisse présager une baisse de la production du pays dans les années à venir, ce qui inquiète beaucoup le gouvernement.
* Gaz : Pemex possède uniquement le monopole de l’exploitation et de la production de gaz naturel au Mexique. En effet, depuis 1995 le gouvernement a autorisé l’investissement privé dans le transport, la distribution et le stockage de gaz naturel.
Même si le pétrole ne représente aujourd’hui qu’une partie des exportations mexicaines, les ressources financière dégagées par Pemex financent 30% du budget de l’État. Cette situation a permis aux mexicains de bénéficier d’une certaine clémence fiscale. En effet, le Mexique est le pays de l’OCDE et de toute l’Amérique latine dont le ratio recette fiscale / PIB est le plus faible (entre 15 et 17% contre une moyenne de 30% pour les pays de l’OCDE).
En janvier 1994, le Mexique, le Canada et les États-Unis signent l’Accord de libre échange d’Amérique du Nord ALENA créant ainsi la plus vaste zone de libre-échange du monde. L’ALENA a fortement transformé le Mexique qui passa d’une politique économique marquée par son fort protectionnisme à une politique économique basée sur le libre-échange et l’insertion dans l’économie mondiale. L’année même de la mise en application de l’ALENA, le Mexique connut une grave crise économique marquée par une forte dévaluation du peso. Les raisons de cette crises sont multiples, adaptation imposée du tissu économique à ce nouvel environnement économique, politique monétaire, confiance des investisseurs internationaux, problèmes de la dette…
Depuis 1994, l’économie mexicaine s’est remise de la crise économique. Les exportations ont connu une croissance très importante, notamment en direction des États-Unis et du Canada. Les maquiladoras ou zones franches sont un des éléments importants de ce succès. Aujourd’hui, le Mexique représente 50% des importations et exportations d’Amérique latine et est devenu la 8e puissance commerciale du monde. Le PIB mexicain en valeur est le plus élevé d’Amérique latine, devant le Brésil et l’Argentine et la 11e puissance économique selon ce même critère. Les cinq principaux pays investisseurs au Mexique sont par ordre décroissant les États-Unis, l'Espagne, le Canada, les Pays-Bas et la Suisse. En 2000, le Mexique connut sa première alternance politique depuis plus de 70 ans avec l’arrivée au pouvoir de Vicente Fox. Ce dernier continua la politique économique de ses prédécesseurs avec une politique budgétaire et monétaire rigoureuse. L’inflation a fortement baissé et les finances publiques ont été fortement améliorées notamment grâce à la hausse du prix du pétrole dont le Mexique est le 5e exportateur mondial. La dette publique ne représente plus aujourd’hui que 23,5 % du PIB et la dette extérieure mexicaine a été classée par Standard & Poor’s BBB soit le niveau le plus haut jamais atteint par le Mexique et la meilleure notation des grandes économies d’Amérique latine.
Afin de diversifier les débouchés des exportations mexicaines (dont plus de 80% sont faites avec les États-Unis et le Canada), le Mexique a signé un grand nombre de traités de libre-échange, notamment avec l’Union européenne, le Japon, Israël. Il existe aussi un traité de libre-échange avec les pays de l'AELE entré en vigueur en 2001.
Entre 2001 et 2003, le Mexique connut une croissance économique médiocre. (-0,3% en 2001, +0,9% en 2002 et +1,4% en 2003). En effet, la Chine est devenue un concurrent important du Mexique, le salaire dans les ateliers chinois étant en moyenne 4 fois moins élevé qu’au Mexique. Le Mexique doit donc adapter son modèle économique à cette nouvelle situation internationale, notamment à travers des réformes structurelles qui se font très lentement.
Depuis 2004, la croissance économique s’est fortement accélérée. +4,3% en 2004 et +3,8% en 2005 (estimations). De nombreuses entreprises revenant au Mexique après être parties en Asie. Néanmoins, pour que cette reprise puisse être durable et que le Mexique puisse remplir les objectifs du millénaire dans la lutte contre la pauvreté qui touche encore 40% de la population, d’importantes réformes structurelles doivent être entreprises.
Las remesas, ces remises ou transferts de fonds de la part des émigrés mexicains pour leurs familles qui sont restées au Mexique ont représenté en 2005 un record de plus de 20 milliards de dollars. Cela est l’équivalent de la moitié de la valeur des exportations pétrolières du pays, qui représentent à leur tour moins de 10% des exportations totales de biens, au contraire des décennies précédentes où les exportations pétrolières prévalaient dans la balance courante. Cette formidable manne est supérieure aux investissements étrangers au Mexique et permet d’améliorer la situation économique de nombreuses familles rurales.
Il reste d’importants défis que le Mexique doit surmonter :
* L’inégale répartition des richesses au sein de la population (indice de Gini 53,1 en 1998)
* Les inégalités de développement entre les États du Nord et du centre riches et les États du Sud pauvres
* L’élection présidentielle de 2006 a montré les difficultés d'application de la démocratie au Mexique
* L’amélioration de la compétitivité de l’économie mexicaine face à la Chine ou à l’Inde



